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Mr Renaud as Hayden Christensen© forgotten-l0ve
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Il était environ 20 heures quand je réussis l'exploit de me débarrasser de Cindy et sa mère après leur avoir demandé les 22 euros traditionnels: il fallait bien vivre, tout de même. Les pieds sur la table, je m'étirai et baillai longuement, avant de me décider à aller vérifier qu'il n'y avait plus personne dans la salle d'attente. Le plancher grinça sous mes pas, et j'ouvris la porte de la salle. Raté, un homme d'une vingtaine d'années était assis, et lisait L'équipe. Je haussai le sourcil gauche, signe de mon profond mépris, et me raclai bruyamment la gorge.
Il me remarqua enfin, et se leva.
__________Mélanie: Suivez-moi, c'est par ici.
__________???: Je m'en doute, de l'autre côté, c'est la sortie.
Il me dit ça avec un grand sourire, je le détestais déjà. On aurait dit un mélange de moi et du Marc Olivier Faugiel d'il y a 15 ans. J'hésitai à le faire assoir, mais mes bonnes manières légendaires reprirent le dessus, cependant pas au point de lui tirer la chaise que je lui désignai avec un grand sourire crispé.
__________Mélanie: Vous ne saviez surement pas que ce n'est pas le jour des visites sans rendez-vous,
__________n'est-ce pas ?
Je le vis grimacer, ce détail m'amusa.Où était le problème? J'avais été très aimable. Il n'avait pas dû remarquer mon ton ironique. quoique...
__________???: A vrai dire, c'est le docteur Wilson qui m'envoie.
Et un patient de plus que Lucie m'envoyait. Depuis qu'elle était malade chez elle, je croulais sous les visites inattendues.
Je hochai la tête et me promis de lui rendre bientôt visite.
__________Mélanie: Et qu'est-ce qui vous amène, monsieur ... ?
__________???: Renaut. Des maux de tête.
Ce jeune blanc-bec impertinent commencait à m'énerver, non pas parce qu'il lisait L'équipe, j'étais suffisamment tolérante, mais parce qu'il me faisait perdre mon temps. Il se sembla pas voir ma contrariété, et continua:
__________Mr Renaut: Je sais ce que vous pensez: quand on dort, on n'a pas mal. Phrase favorite de __________tous les médecins.
__________Mélanie: Apparemment, je ne suis pas la seule à le penser. Mes confrères n'ont pas tort, __________Mr Renaut.
Je poursuivis, avec un large sourire.
__________Mélanie: Vous savez surement que le sommeil est gratuit, et n'est donc pas remboursé par __________la Sécurité Sociale, qui a bien besoin de faire des économies. Le sommeil est donc __________probablement la meilleure chose à faire, tout d'abord pour votre santé, ensuite pour que je __________puisse rentrer plus tôt chez moi, et enfin pour devenir un vrai citoyen modèle.
J'avais peut-être exagéré. Celui-là, je n'étais pas sure de le revoir dans ma salle d'attente.
__________Mr Renaut: Quel sens de l'humour, madame. Permettez-moi de vous dire que vous auriez
__________dû lâcher vos études de médecine pour faire l'école du rire qui vous aurait surement mieux
__________réussie.
Je répliquai du tac au tac.
__________Mélanie: Permettez-moi de vous dire, monsieur, que vous pouvez survivre facilement à __________un mal de tête sans vous croire à l'article de la mort, et surtout, sans me consulter. Je suis __________assez bonne pour vous recevoir à 20 heures, à l'heure où les gens normaux mangent, alors __________qu'il ne s'agit même pas du jour des visites sans rendez-vous.
Je pris une longue bouffée d'air pour reprendre le souffle que j'avais perdu dans ma répartie, et repris.
__________Mélanie: Mais ne vous en faites pas, c'est pour moi: acte gratuit, soit 0 euros et 10 __________minutes de perdues avec vous. Je ne vous raccompagne pas, je pense que vous saurez sortir __________de mon cabinet sans vous perdre.
Il blêmit, se leva silencieusement, et se dirigea vers la porte. Je l'interpellai une dernière fois.
__________Mélanie: Et c'est "mademoiselle" !
__________Mr Renaut: Au revoir, mademoiselle. Et c'est vrai, vous êtes bonne.
Il contempla mon décolleté, me lança un clin d'oeil et sortit, sans oublier de claquer la porte. Goujat !
Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir
» Pierre Dac